בס"ד

19:37
Fin 20:40

LE BILLET HEBDOMADAIRE

Dvar-Torah

Les rabbanim et membres du Beith ha-Midrash Dvar Avraham proposent des textes sur des sujets variés, généralement autour de la parasha de la semaine ou sur les fêtes.

La bénédiction de Yitro

Eliahou BENADIBA (2 Février 2010)

Je dois constater que c’est d’une manière rarissime que le nom d’un étranger a mérité d’être mentionné dans une section de la Torah. Cela m’a profondément interpellé.

En effet, dans cette paracha, un des versets a été mis en relief dans la Guemara de SANHEDRIN (84a). Au verset 10 du chapitre 18, Yitro formule une louange à D.ieu en disant :

« Béni soit Dieu qui vous a sauvés de la main de l’Egypte et de la main de Pharaon »

Sur cela, rav Papaïs dans la Guemara nous dit que c’est une « honte » pour Moshé Rabénou et pour son peuple de ne pas avoir remercié D.ieu en disant « Béni soit D.ieu etc. » jusqu’à ce que vienne Yitro pour le mentionner et le proclamer avec joie.

Le rav Salanter dans son livre BEER YOSSEF explique que les Benéi Israël ont loué, chanté la traversée, explicité les prodiges qui leur ont été faits, mais une simple parole manquait à toutes leurs louanges pour annuler cette « honte », et cela, même si la Shira raconte tous les bienfaits de D.ieu, la sortie d’Egypte au bras élevés avec force, grandeur, puissance, avec laquelle il a détruit Pharaon et son armée.

Il en résulte que, du plus grand au plus petit des Benéi Israël, on peut dire qu’ils n’ont pas orienté leur esprit – qui était d’un très haut niveau spirituel – en pensant que ces miracles n'avaient pas été faits pour eux.

A ce sujet, les sages nous disent qu’une simple servante pouvait voir sur la mer ce que, plus tard, le prophète Ye'hézqiél ben Buzzi et les autres prophètes n’ont pas pu voir ; ce qui montre, à ce moment là, le niveau spirituel des Benéi Israël.

C'est-à-dire que grâce à leur niveau, ils étaient capables de voir ce que les prophètes ne pourraient voir plus tard. Et de manière spontanée, les Benéi Israël chantaient des louanges, glorifiaient D.ieu, avec une extraordinaire sensibilité.

Alors à ce moment, D.ieu était sur son trône céleste et leur est apparu comme un guerrier puissant dans toute sa splendeur. Et malgré cela, ils n’ont pas orienté leur cœur pour le remercier et le bénir de la sortie d’Egypte et du rachat de leur personne de la main de Pharaon et d’un peuple dur et cruel.

D’une vision spirituelle, d’un aussi haut niveau, les sages nous disent qu’en dépit de leur grandeur, les Benéi Israël se sont placés dans une situation de « honte » parce qu’ils auraient dû prononcer « Béni soit D.ieu ».

Le rav Itshak Salanter s’étonne en disant « comment comprendre les paroles de rav Papaïs dans la Guemara de SANHEDRIN », comment est-ce popssible que Moshé et les Benéi Israël n’aient pas prononcé cette louange ? D’après le BEER MAÏM HAÏM, de MAAYANA SHEL TORAH, une telle bénédiction de la part de Yitro ne pouvait être que la conséquence d’une joie particulière ou d’une situation extrême.

Cette joie, c'était celle d’avoir été, lui aussi, sauvé de la main de Pharaon. En effet, étant l'un de ses conseillers, il avait échappé à la mort, d’où cette proclamation de joie.

L'admour de Gour zal explique cette bénédiction de la manière suivante : Moshé a raconté tous les prodiges et les miracles à Yitro de manière tellement vivante que cela a amené ce dernier à faire cette bénédiction, bien que l’on ne fait pas de bénédiction sur un miracle lorsque cela se présente.

Moshé a donc « matérialisé » ces événements devant lui, comme si Yitro les avait vécus lui-même.

Dans une véritable réflexion de sagesse et d’intelligence exceptionnelle, Yitro décide de rentrer dans son pays avec un seul but : convertir tous les membres de sa famille (Rachi).

 
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